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Administrateur


« Inutiles »

(30/10/2015)

Aujourd’hui, je vous propose un billet sur l’inutilité : la caractéristique de ce qui n’est ni profitable ni avantageux et qui ne sert à rien.

Pourquoi Francis tu nous parles de ça? C’est quoi le rapport? Eh bien le climat actuel et certaines nouvelles contribuent à alimenter quelques craintes que j’ai face à l’avenir ne notre société et de l’éducation en général.

Au Japon, ce sont actuellement 26 universités nationales qui vont cesser d’offrir leurs programmes en sciences humaines et sociales ou en réduire l’offre. En fait, 17 de ces universités n’accepteront plus l’inscription d’étudiants dans ces programmes dès l’automne prochain. Cette situation fait suite à une lettre que le ministre de l’Éducation du Japon a fait parvenir le 6 juin dernier aux 60 universités nationales du pays. Cette lettre incitait les recteurs de ces universités à « abolir ou convertir les départements [de sciences humaines et sociales] pour favoriser des disciplines qui servent mieux les besoins de la société ».

Il faut savoir qu’il existe au Japon un contexte social qui favorise une vision de l’éducation centrée sur l’utilité et le secteur privé. D’ailleurs, lors de la 2e guerre mondiale, si les étudiants en génie étaient protégés de la conscription, on n’avait aucun scrupule à enrôler les étudiants en sciences humaines et sociales. Aussi, le conseil responsable des études supérieures au Japon est composé de 7 chefs d’entreprise et 2 chercheurs (un en génie, l’autre en économie).

La situation n’est pas banale, car il est impensable, voire aberrant, de priver une société de son regard sur elle-même; il est impensable de la priver de tout sens critique. Cette vision utilitariste de l’éducation est une insulte au genre humain, au savoir et à ce qui le distingue fondamentalement en tant qu’espèce, soit la conscience de sa propre existence.

À vrai dire, quand j’entends des discours politiques qui ne se limitent qu’à l’économie et que la tendance observable va vers la diminution de la subvention de la recherche fondamentale au profit des recherches appliquées (ou au profit d’aucune recherche parfois); quand je suis confronté à l’impact accablant des compressions budgétaires dans le secteur de l’éducation, je ne peux m’empêcher d’avoir peur que la réalité du Japon ne soit un jour la nôtre. J’ai peur que nos hauts lieux de savoir et de culture se transforment en usines à diplômes et que l’offre des cours ne se limite qu’à l’assouvissement de nos besoins immédiats.

Je ne crois pas que les sciences humaines et sociales soient inutiles. En fait, je ne crois pas que l’éducation et la recherche soient inutiles. C’est une chose de répondre à nos besoins présents, c’en est une autre d’anticiper ceux de demain et d’apprendre de nos erreurs. Si nous réussissons à nous défaire de ce présentisme abrutissant, peut-être pourrons-nous réaliser l’importance, mais surtout l’utilité de la réflexion.

Et vous, qu’en pensez-vous?


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